Jeux

Jeux de société ; L’histoire des jeux les plus populaires

Abalone.   Jeu de stratégie créé 1987 par les Français Michel Lalet (né 1953) et Laurent Lévi (né 1955). 2 joueurs. Plateau hexagonal portant 14 boules en verre noires et 14 blanches. La victoire est pour celui qui a éjecté 6 boules adverses (pour cela, il faut faire un sumito, c’est-à-dire avoir aligné plus de boules que l’autre).

Backgammon.   Variante du jacquet et du trictrac. Jeu de dés dans lequel 2 joueurs (blanc et noir) essaient de sortir leurs 15 pions avant ceux de l’adversaire. Le plateau de jeu (tablier ou trictrac, board en anglais) comprend 24 cases en forme de triangle (flèches) groupées en 4 compartiments (jans). Chaque joueur a devant lui 2 jans (intérieur et extérieur). Les pions se déplacent de flèche en flèche, dans le sens des aiguilles d’une montre pour les blancs et dans le sens inverse pour les noirs, selon le lancer des 2 dés. Si, à la fin de la partie, un joueur a sorti tous ses pions et l’autre aucun, la partie est double (gammon) ; s’il reste encore un pion adverse sur la barre ou dans le jan intérieur, elle est triple (backgammon).

Bilboquet.   Mis à la mode par Henri III vers 1585.

Dames (jeu de).   A la française : 1er traité d’Antonio Torquemada (1547) ; 1er traité français de Pierre Mallet (1668). Les historiens pensent que les dames viendraient du jeu de la marelle de douze pratiqué au Moyen Age. A l’origine, tous les pions s’appelaient dames, et le pion transformé en dame, dame damée (recouverte d’une autre dame), puis simplement dame à la fin du XVIIe s. Principe : 64 cases, 12 pions sur 3 rangées ; le pion ne peut prendre qu’en avant ; la dame prend aussi en arrière. A la polonaise : créé 1723 par un officier du Régent qui jouait dans un café de l’hôtel de Soissons avec un Polonais. Principe : damier de 100 cases ; chaque joueur joue avec 20 pions noirs ou blancs disposés sur 4 rangées ; le pion peut prendre en tous sens ; la dame peut prendre en diagonale à toute distance. La partie est gagnée quand l’un des joueurs ne peut plus bouger ses pièces ou n’en a plus ; elle est nulle si les pièces restantes deviennent imprenables. Règles appliquées par la Féd. internationale. Dames anglaises : damier à 64 cases. Dames canadiennes : 144 cases.

Dés.   Moyen Age très en vogue (en bois, corne, os, ivoire), il existe une corporation des déciers. 1524 dés interdits (ordonnance de St Louis). Probabilités de faire avec 2 dés en un seul coup : 2 : 35 à 1. 3 : 17 à 1. 4 : 11 à 1. 5 : 8 à 1. 6 : 31 à 5. 7 : 5 à 1. 8 : 31 à 5. 9 : 8 à 1. 10 : 11 à 1. 11 : 17 à 1. 12 : 35 à 1.

Diabolo.   Importé de Chine en Europe vers 1789. Très en vogue en 1812 et 1813, tombe dans l’oubli jusqu’en 1905.

Diplomacy.   Jeu de stratégie se déroulant sur une carte de l’Europe en 1900.

Dominos.   Origine : Europe au XVIIIe s. Comporte 28 pièces, chacune étant divisée en 2 et portant les différentes combinaisons de points de 0 à 6. On appelle doubles ceux dont les 2 parties portent le même nombre. 2 à 4 joueurs prennent 7 dominos, les pièces restantes constituant éventuellement le talon. Principe : le 1er joueur pose un domino, puis chacun à tour de rôle doit essayer de poser un domino à l’une des extrémités du jeu. Le joueur qui réussit à poser tous ses dominos gagne la manche et marque la somme de tous les numéros marqués sur les dominos restant à ses adversaires.

Go.   Ancêtre des jeux de stratégie, inventé en Chine il y a plus de 4 000 ans et connu en France en 1968. Se pratique sur un quadrillage (Goban) de taille libre formé de 9 × 9 à 19 × 19 lignes. Chacun des joueurs dispose d’un nombre illimité de pions (ou pierres) noirs ou blancs. Chacun à son tour pose des pions sur une intersection pour y borner des territoires (zone impénétrable par l’adversaire). Toute pierre cernée par 4 adverses est retirée du jeu. Pratiquants : Asie 40 millions ; Europe 90 000 ; France 12 000. Fédération française de Go : BP 95, 75262 Paris Cedex 06.

Jacquet.   Créé dans la 2de moitié du XVIIIe s., version simplifiée du trictrac. Jeu à 2 sur une table divisée en 2 compartiments (et 4 jans) sur lesquels sont dessinées 24 flèches alternativement claires et sombres. On joue avec 15 dames de 2 couleurs différentes.

Jeu de l’oie.   Origine : selon la légende, inventé par Palamède pour abréger les longueurs du siège de Troie ; en réalité sans doute à Florence en 1580. Très à la mode au XVIIIe s. Se joue avec 2 dés sur un plateau représentant une spirale comportant 63 cases illustrées. Toutes les 9 cases se trouvent les figures de l’oie. But : il faut atteindre le premier la dernière case sans tomber dans les pièges.

Nom des amateurs du jeu : ocaludophiles.

Jeux de rôle.   Les joueurs (4 ou 5) interprètent des personnages qui vivent une aventure proposée par un autre joueur, le meneur de jeu, qui prépare la trame de l’histoire, puis anime et arbitre la partie. L’aventure comporte des énigmes et des obstacles que les personnages doivent résoudre et franchir. Il n’y a ni gagnant ni perdant, le but étant pour les joueurs de coopérer pour mener à bien l’aventure. Joué autour d’une table, c’est un jeu de dialogue : le meneur de jeu décrit une scène (décors, personnages présents autres que ceux des joueurs), chaque joueur indique ce que fait ou tente de faire son personnage, le meneur de jeu indique le résultat des actions et la suite de la scène, et ainsi de suite. Les règles de jeu fournissent un cadre : des données chiffrées (les caractéristiques) permettent au joueur de choisir les capacités de son personnage, qui servent en cours de jeu à vérifier, par un jet de dés, si chaque action hasardeuse tentée par le personnage réussit ou échoue. Pratiquants : États-Unis : 1 000 000. France : environ 400 000 amateurs, dont 100 000 passionnés (rôlistes), environ 600 associations recensées. Premier jeu : Dungeons & Dragons (Donjons et Dragons), créé 1974 par Gary Gygax, Sté TSR (fondée 1975), aujourd’hui publié par Wizards of the Coast (USA, 3e édition en anglais en août 2000 et en français en mars 2001). Le plus pratiqué : Dungeons & Dragons (D & D) ; en France (par ordre de popularité) : Dungeons & Dragons (D & D), L’Appel de Cthulhu (d’après Lovecraft), Vampire (inspiré de Ann Rice), Star Wars (le jeu de la Guerre des étoiles), Warhammer, In Nomine Satanis/Magna Veritas, Cyberpunk, Shadowrun, Elric (d’après Moorcock), Le Jeu de rôle des Terres du Milieu (d’après le Seigneur des anneaux, de Tolkien), Nephilim, Deadlands, Légendes des 5 anneaux. Durée moyenne d’une partie : 4 à 6 h. Jeux de rôle grandeur nature : apparaissent en France vers 1983, inspirés des jeux de rôle sur table, des murders parties anglaises et du théâtre d’improvisation ; durée entre 4 h et plusieurs jours ; les participants (10 à 300) interagissent en costume et en direct, menant des enquêtes, des négociations ou des actions en interprétant un rôle dans le cadre d’un scénario préparé par les organisateurs. Se déroule en huis clos ou en extérieur, en fonction de thèmes souvent proches de ceux du cinéma. L’interactivité, l’improvisation et les vastes espaces dans lesquels se déroulent les scénarios en font une aventure vécue par les participants, que des spectateurs ne peuvent suivre. Environ 20 000 amateurs en France. Féd. française de jeux de rôle : c/o Laurent Barbero, 27 bis, rue Vauvenargues, 75018 Paris. Féd. française de jeux de rôle grandeur nature : 16, les Linandes-Vertes, 95000 Cergy.

Mah-jong.   Apparu en 1850 en Chine. Comprend 144 pièces ou tuiles réparties en 36 bambous (4 séries), 36 cercles (4 séries), 36 caractères (4 séries), 16 points cardinaux (4 séries), 12 dragons (3 séries), 4 fleurs et 4 saisons. Les jetons de marque valent 2, 10, 100 et 500 points. Jeu de combinaison ressemblant au rami. 4 joueurs. Victoire à celui qui fait mah-jong [réunissant dans sa main 4 groupes de 3 ou 4 tuiles (brelan de 3 tuiles semblables, carré de 4 tuiles, séquence de 3 tuiles se suivant)].

Mastermind.   Inventé par l’Israélien Mordecai Meirowitz en 1970. Jeu de déduction. Se joue à 2 ; chaque joueur compose un code de 4 couleurs que l’adversaire cherche à découvrir par propositions successives.

Monopoly.   Origine : 1904 : Élisabeth Magie invente le jeu du propriétaire ; Dan Layman invente Finance (jeu similaire) ; 1929 : l’Américain Charles B. Darrow (1889-1967) invente la version actuelle en reprenant des rues d’Atlantic City (New Jersey). Principe : il faut acheter, vendre ou louer des maisons et hôtels jusqu’à ce qu’un joueur arrive au monopole (artère la plus chère : rue de la Paix, version française, 1937), Mayfair (version anglaise) ; 2005 : édition 70e anniversaire : les billets sont remplacés par des cartes bancaires, les cases par des monuments et lieux mythiques de Paris (la tour Eiffel remplace la rue de la Paix.) Ventes mondiales cumulées de la création à 2005 : + de 250 millions d’unités, dans 80 pays en 26 langues. En France : + de 500 000 chaque année.

(créés 1973) tous les 4 ans : 1985 Jason Bunn (G.-B.). 88 Ikuo Hiyakuta (Japon). 92 Joost van Orten (P.-Bas). 96 Christopher Woo (Hong Kong). 2000 Yutaka Okada (Japon). 04 Antonio Zafra Fernandez (Esp.).

Mots croisés.   Créés 1901 par Arthur Wynne (G.-B.). Apparus 21-12-1913 dans le supplément du dimanche du New York World, puis le 8-1-1925 en France dans le Dimanche illustré. Grille de cases blanches et noires. Les lettres des mots disposés horizontalement et verticalement doivent se croiser.

Nim.   Célèbre grâce au film d’Alain Resnais l’Année dernière à Marienbad. 2 joueurs. Principe : chacun doit prélever tour à tour des allumettes dans l’une des 4 rangées de 1, 3, 5 ou 7 allumettes. But : éviter de prendre la dernière.

Othello.   Origine : Reversi, recréé 1971 par Goro Hasegawa (Japon). Lancé 1973. 2 joueurs. Grille de 64 cases (8 × 8) appelée othellier. 64 pions réversibles. But : il faut à la fin de la partie avoir le plus de pions de sa couleur. Joueurs : Japon 25 000 000, G.-B. 500 000, France 400 000 (dont 500 bons joueurs affiliés à la Féd. française Othello). Féd. de joueurs en Russie, Italie, USA, Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Australie, Belgique, G.-B., Japon, Indonésie, Tchéquie, All., Corée, Malaisie, P.-Bas, Canada, Chine, Pologne, Espagne, Singapour. Féd. française d’Othello : BP 383, 75626 Paris Cedex 13.

2000 T. Murakami (Japon). 01 B. Rose (USA). 02 D. Shaman (USA). 03, 04 B. Seeley (USA). 05 H. Tamenori (Jap.).Par équipes. 2000 à 02 USA. 03 Japon. 04 USA. 05 Japon.EUROPE. 2000 S. Nicolet (France). 01 à 03 T. Kashiwabara (France). 04 A. Höhne (All.). 05 G. Brightwell (G.-B.).FRANCE. 2000 S. Nicolet. 01 P. Juhem. 02 E. Caspard. 03 P. Juhem. 04 M. Tastet. 05 S. Nicolet.

Pictionary (de l’anglais picture et dictionary).   Créé 1986 par Rob Angel (Canadien vivant à Seattle, USA). But : deviner un mot à l’aide d’un croquis. Ventes mondiales en 1996 : 50 millions d’ex.

Pong.   Tennis sur écran. 1er jeu vidéo, inventé 1972 par Noland Buschnel (USA) qui créa Atari.

Rubik’s cube.   Inventé 1974 par le Hongrois Ernö Rubik. Cube dont les 6 faces ont une teinte différente et sont articulées en 3 × 3. 43 252 003 274 489 856 000 combinaisons.

CHAMPIONNAT DU MONDE  disputé 1982 [à Budapest au Vigado Concert Hall, 19 participants : Minh Thai (USA) 2295, Razou Schultz (P.-Bas) 2432, Zoltán Lábas (Hongrie) 2449], 1983 et 2003 M. Knights (USA) 2002.

Records.  Monde : 1704 (R. Pergl, 1983) pour le reconstituer.

Scrabble.   Origine : inspiré du jeu Lexicon inventé par l’architecte Alfred Moscher Butts (USA, 1900-93). Breveté 1948 par l’Américain James Brunot. Apparu en Angleterre et en France en 1951. Jeu de mots. Existe en 35 langues dans 43 pays et en braille. Ventes depuis la création : plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde et 700 000 exemplaires en France en 2004. Plus de 40 % des Français y jouent. Fédération française de Scrabble : 50, rue Raynouard, 75016 Paris. Fondée 1973. En 2005, 16 000 licenciés dans 900 clubs (dont 300 scolaires).

Règles françaises : sont admis : tous les mots figurant dans l’Officiel du Scrabble (éd. Larousse), les verbes pouvant se conjuguer. Sont refusés : mots qui n’y sont pas présentés isolément, préfixes et symboles chimiques, abréviations. Pluriels : les mots variables peuvent se mettre au pluriel sauf les lettres des alphabets étrangers (grec en particulier), les notes de musique, les 4 points cardinaux. Sont indiqués, dans l’Officiel du Scrabble, les mots invariables, les pluriels multiples (exemples : émails ou émaux, santals ou santaux…), les pluriels particuliers des mots d’origines étrangères (hobbys ou hobbies, etc.), les tableaux de conjugaisons de tous les verbes. Pour les verbes très défectifs, les formes admises sont indiquées. K, W, X et Y, qui valent 10 en France, ne valent respectivement que 5, 4, 8 et 4 en Grande-Bretagne (où leur fréquence est plus élevée).

(créés 1972).Individuels. 1995 J.-F. Lachaud (Fr.). 96 C. Pierre (Belg.). 97 A. Kermarrec (Fr.). 98 C. Pierre (Belg.). 99 E. Rivalan (Fr.). 2000 F. Lévy (Fr.). 01 F. Maniquant (Fr.). 02, 03 J.-P. Hellebaut (Suisse). 04 G. Boulianne (Québec). 05 A. Michel (Fr.). CHAMPIONNATS DE FRANCE. Individuels. 1990 P. Vigroux. 91 F. Maniquant. 92 P. Vigroux. 93 M. Treiber. 94 A. Kermarrec. 95 A. Delaruelle. 96, 97 N. Grellet. 98 A. Michel. 99 E. Rivalan. 2000 T. Boisard. 01 F. Maniquant. 02 P.-C. Singer. 03 à 05 A. Michel. 06 A. Rennesson.

Trivial Pursuit (devait à l’origine s’appeler Trivia Pursuit : recherche dans 3 voies).   Créé 1982 par des journalistes canadiens : Chris Haney et Scott Abbott. Adapté en français en janvier 1984. En 1991, Hatier a créé les Incollables, Trivial Pursuit pour enfants. Jeu de connaissances. Il faut parvenir à la fin d’un parcours en répondant à des questions. Ventes mondiales cumulées depuis la création : 80 millions d’unités dans 40 pays en 18 langues. En France : 300 000 exemplaires en 2004.

Wargames.   Variantes (apparues aux USA vers 1959) du Kriegspiel, développé au XIXe s. pour étudier les batailles passées et préparer celles de l’avenir. Nombre : environ 300 (Austerlitz, Waterloo, Yom Kippour, Amirauté…).

Zanzi.   Fin du XIXe s., se joue à 3 dés, abréviation de Zanzibar.