Jeux

Jeu D’échec : histoire, joueurs célèbres

Nom :  du persan shah (roi). « Échec et mat » signifiant « le roi est mort ». Aux Indes aux VIe-VIIe s. ; introduit en Europe par les Arabes (selon la tradition, Haroun-al-Rachid aurait offert un jeu à Charlemagne), il y a subi ses dernières modifications : augmentation de puissance de la dame, introduction du roque (seul coup permettant de jouer 2 pièces à la fois) et de la prise en passant. 842 le Livre des échecs (Al-Adli) ; 1485 Manuscrit de Göttingen (Lucena) ; 1561 Libro de la invencion liberal y Arte del juego del Axedrez (Ruy Lopez). Les Chinois jouent au Xiang-qi (importé par les Arabes) et les Japonais au Shogi (apparu au XVIe s.).

Valeurs.  On estime que la dame vaut 9 pions, la tour 5, le fou et le cavalier 3.

Jeux possibles.  Les 10 premiers coups d’une partie peuvent être joués d’environ 170 000 milliards de milliards de milliards de manières.

Cas de nullité.  Pat (le roi n’est pas en échec mais aucun coup n’est possible sans l’y mettre) ; par convention entre les joueurs ; par répétition de la position (3 fois identiques avec le même trait et les mêmes possibilités de roque) ; par la règle des 50 coups (50 coups de suite sans pion poussé, ni prise effectuée).

Organisations.   Fédération internationale des échecs (Fide) : Pt : K. Ilioumjinov (Pt de la République de Kalmoukie) ; fondée 24-7-1924 à Paris (siège : Athènes) ; groupe 156 fédérations en 2005 dont : ex-URSS 4 000 000 de joueurs, All. 110 000, ex-Youg. 100 000, USA 80 000, Hongrie 41 000, France 54 000 en 2005, ex-Tchéc. 34 200, Suède 33 080, P.-Bas 33 000, Pologne 28 000, Philippines 27 000, Argentine 18 440, Espagne 15 000, G.-B. 12 000, etc. Féd. française (FFE) : Pt : Jean-Claude Moingt ; fondée 1921 ; reconnue féd. sportive 19-1-2000. BP 2022, 34024 Montpellier Cedex 1.

Échecs et littérature :   la Défense Loujine (Vladimir Nabokov, 1930), le Joueur d’échecs (Stefan Zweig, 1942), La ville est un échiquier (John Brunner, 1965), le Jeu de la dame (Walter Trevis, 1983), le Maître du jeu (Gilles Chenaille, 1983), le Fou des échecs (S.S. Van Dine, 1929), les Quatre (Agatha Christie, 1967), le Retour des cendres (Hubert Monteilhet, 1961), Une pièce pour mourir (Ellery Queen, 1967), Mes Funérailles à Berlin (Len Deighton, 1964), la Boucle (Robert Littell, 1973), la Grande Fenêtre (Raymond Chandler, 1942), le Gambit du cavalier (William Faulkner, 1951), le Gambit des étoiles (Gérard Klein, 1971), l’Échiquier fabuleux (Lewis Padgett, 1951), l’Échiquier de la création (D. Donay, 1976), Master Prim (James W. Ellison, 1968), The Draagon Variation (Anthony Glyn, 1969), Anastasia und das Schachspiel (Wilhelm Heinse, 1803), Spiel mit Valdivia (Robert J. Humm, 1964), Der Golem (Gustave Meyrinck), Fous d’échecs (Serge Rezvani, 1997), le Maître et le scorpion (Patrick Séry, 1991), le Tableau du maître flamand (Arturo Perez-Reverte, 1993), le Dilemme de Pelikan (Jean-Gérard Nay, 1997), la Variante de Lüneburg (Paolo Maurensig, 1995), l’Ultime Secret (Bernard Werber, 2001).

Et le cinéma :  la Fièvre des échecs (Russie, 1925, muet), le Joueur d’échecs (Jean Dréville, 1926, muet), l’Échiquier de la passion (Wolfgang Petersen, 1979), la Diagonale du fou (Richard Dembo, 1984 : prix de l’Académie du cinéma, prix Louis-Delluc, oscar du meilleur film étranger). Face à face (Carl Schenkel, 1992), A la recherche de Bobby Fischer (Steven Zaillan, 1993), la Défense Loujine (Marleen Gorris, 2001).

ÉPREUVES


Détacher l’encadré Masquer l’encadré

Légende : (1) All., (2) USA, (3) Autriche, (4) Cuba, (5) France, (6) P.-Bas, (7) URSS, (8) G.-B., (9) Chine, (10) Russie, (11) Inde, (12) Géorgie, (13) Ukraine, (14) Hongrie, (15) Suède, (16) Biélorussie, (17) Bulgarie, (18) Espagne, (19) Roumanie, (20) Ouzbékistan, (21) Arménie, (22) Israël.

Cadences les plus usuelles : en compétition, le temps de réflexion de chaque joueur est limité par une pendule différentielle ; championnat du monde Fide : 1 h 30 min par joueur + 30 s par coup ; internationale (ou normale), dite 2 h-40 coups : chacun des adversaires doit jouer son 40e coup avant la fin de ses 2 h. Cette 1re étape, conclue par un contrôle des arbitres, est généralement suivie d’une cadence de 1 h KO. 1 h KO (ou semi-rapide) : chaque joueur a 1 h de réflexion ; la partie dure 2 h au max. Blitz (cadence rapide) : chaque joueur a 20 min ou 10 min, parfois 5 min. Cadence Fischer : proposée en 1994 par Bobby Fischer ; on ajoute à chaque joueur un capital « secondes » après chacun de ses coups ; avantage : éviter les zeitnots trop critiques. Hors compétition : les joueurs peuvent convenir de cadences fantaisistes. Pour rééquilibrer une différence de niveau entre adversaires, le plus fort peut accepter de jouer avec un handicap de temps ou de matériel (très difficile). Un joueur est en zeitnot quand il manque de temps : trop nombreux coups à jouer avant les 2 h ou fin de 1 h KO. Celui dont le temps est écoulé perd la partie même s’il domine sur l’échiquier.

Championnats du monde.   Tous les 2 ans à partir de 2001.

Messieurs.  1886-94 Wilhelm Steinitz 3 (1836-1900 ; devenant fou à la fin de sa vie, il défia Dieu en lui offrant l’avantage d’un pion). 1894-1921 Emmanuel Lasker 1 (1868-1941). 1921-27 José Capablanca 4 (1888-1942 ; surnommé « Chess Machine »). 27-35 Alexandre Alekhine 5 (naturalisé fr. 1927, 1892-1946). 35-37 Max Euwe 6 (1901-81). 37-46 A. Alekhine 5. 48-57 Mikhail Botvinnik 7 (1911-95). 57-58 Vasiliy Smyslov 7 (né 1921). 58-60 M. Botvinnik 7. 60-61 Mikhail Tal (1936-92) 7. 61-63 M. Botvinnik 7. 63-69 Tigran Petrosian 7 (1929-84). 69-72 Boris Spassky 7 (né 30-1-1937). 72-75 Robert Fischer 2 (né 9-3-1943, n’ayant pas défendu son titre, la Fide l’attribue en juin 1975 à A. Karpov). 75-85 Anatoly Karpov 7 (né 23-5-51). 85-87 et 90 Gary Kasparov 7 (né 13-4-1963) garde son titre. 93, 96, 98 (organisé par la Fide) : Karpov 10. 99 A. Khalifman (né 18-1-1966). 2000 V. Anand 11 (né 11-12-1969). 2001-02 R. Ponomariov 13 (né 11-10-1983). 04 Roustam Kassimdjanov 20. 05 Vesseline Topalov. Non officiel (organisé à l’initiative de Kasparov par la Professional Chess Association, créée en févr. 1993 par Kasparov, puis par le World Chess Council, créé 1998, supprimé) : sept.-oct. à Londres, organisé par le Times, Kasparov 10 contre Short 8 le 19-10-1993 victoire de Kasparov. 95 Kasparov10 bat Anand11 10,5-7,5. 2000 Kramnik 10 bat Kasparov 10 8,5-6,5. 04 Kramnik 10 conserve son titre (match nul contre Leko 14).

Dames.  1927-44 Vera Menchik 8 (1906-44). 50-53 Lyudmila Rudenko 7 (1904-86). 53-56 Yelizaveta Bykova 7 (1913-89). 56-58 Olga Rubtsova 7 (1909-95). 58-62 Y. Bykova 7. 62-78 Nona Gaprindashvili 7 (née 1941). 78-91 Maya Tchibourdanidzé 7 (née 1961). 91-95 Jun Xie 9 (née 1970). 96 Zsusza Polgar 18. 99, 2000 Xie Jun 9. 01 Zhu Chen 9. 04 Antoaneta Stefanova 17. 06 Xu Yuhua 9.

Par équipes (éq. de 4 joueurs).  Tous les 4 ans. Disputé pour la 1re fois à Lucerne en déc. 1985, 89 : URSS. 93 : 1er USA, 2e Ukraine. 97 : Russie. 2001 : 1er Ukraine, 2e Russie, 3e Arménie. 05 1re Russie, 2e Chine, 3e Arménie.

Olympiades (par équipes).   Actuellement tous les 2 ans.

Messieurs (créées 1927).  1927, 28 Hongrie. 30 Pologne. 31, 33, 35, 37 USA. 39 All. 50 Youg. 52 à 74 URSS. 76 USA. 78 Hongrie. 80 à 90 URSS. 92 à 2000 Russie. 04 Ukraine. 06 Arménie.

Dames (créées 1957).  1957-74 URSS. 76 Israël (sans l’URSS et les pays de l’Est car avaient lieu à Haïfa). 78 à 86 URSS. 88, 90 Hongrie. 92 à 96 Géorgie. 98, 2000, 04 Chine. 06 Ukraine.

Championnats de France.   Officiels depuis 1914.

Messieurs.  1990, 91 Santo-Roman. 92 Apicella. 93 Bricard. 94 Santo-Roman. 95 Prié. 96 Bauer. 97 Vaisser. 98 Dorfman. 99 à 2003 Bacrot. 04, 05 Lautier.

Dames.  1995 Bushijo. 96 Gervais. 97 Nicoara. 98, 99 Flear. 2000 Sebag. 01 Leconte. 02 Sebag. 03 Milliet. 04, 05 Skripchenko.

Des clubs.  Officiel depuis 1981. 1995 Lyon-Oyonnax. 96, 97 Clichy. 98 Auxerre. 99, 2000 Clichy. 01, 02 Monaco. 03 à 06 NAO Chess Club.

Coupe de France.   1995 Lyon. 96 Clichy. 97 Montpellier. 98 Clichy. 99 Mulhouse. 2000 Nancy. 01 Clichy. 02 à 05 NAO Chess Club.

JOUEURS

Quelques joueurs célèbres.   Le tsar Ivan le Terrible († 18-3-1584 en commençant sa partie avec le Pce Bielsky), Henri IV, Gustave-Adolphe et Charles XII de Suède, la marquise de Sévigné, Frédéric II, Philidor, Voltaire, J.-J. Rousseau, Robespierre, Napoléon (joueur très moyen), Alfred de Musset, Leibniz, Euler, Raymond Poincaré, Einstein, Humphrey Bogart, Stanley Kubrick, le pape Jean-Paul II, Jean-Christophe Yoccoz (médaille Fields en 1994), Jean Becker (cinéaste), Dieudonné M’Bala M’Bala (humoriste), Jean-Pierre Chevènement, Lennox Lewis (G.-B., boxeur), Charles Aznavour, Robert Lamoureux (humoriste).

Meilleurs joueurs du monde avant 1850.   Ruy Lopez (Esp., 1570-75), Leonardo (It., 1575-87), Greco (Esp., 1622-34), puis les Français de 1750 à 1850 : Philidor (1726-95), Deschapelles (1780-1847), La Bourdonnais (1797-1840) et Saint-Amant (1800-72). La suprématie mondiale fut ensuite disputée par Staunton (Angl., 1810-74), Adolph Anderssen (All., 1818-79) champion 1851-58 et 1860-66, Paul Morphy (USA, 1837-84) ch. 1858-60, Wilhelm Steinitz (Autr., 1836-1900).

Joueurs titrés.   La Féd. internationale décerne des titres valables à vie. Grand maître : 981 au 1-4-2006 (France : 29). Pour l’obtenir, il faut réaliser 3 performances à 2 600 et avoir eu un classement minimum à 2 500 elo. Maître international : 2 650 au 1-4-2006 (France : 68). Maître Fide : 2 919 au 1-1-2004 (France : 98). Grands maîtres féminins : 180 au 1-1-2004 (France : 5). Système de classement bisannuel publié par la Féd. intern. des échecs qui attribue des points (dits points Elo du nom de l’inventeur Arpad Imre Elö, Hongrois, 1903-92) aux joueurs en fonction de leurs résultats. Top 10 (au 1-4-2006) : V. Topalov 17 (15-3-75) 2 804, V. Anand 11 (11-12-69) 2 803, L. Aronian 21 (1982) 2 756, P. Svidler 10 (17-6-76) 2 743, P. Leko 14 (8-9-79) 2 738, R. Ponomariov 13 (1983) 2 738, V. Ivantchouk 13 (18-3-69) 2 731, A. Morozevitch 10 (1977) 2 730, V. Kramnik 10 (25-6-75) 2 744, B. Gelfand 22 (1968) 2 727. Joueuses (au 1-4-2006) : Judit Polgar 14 (née 23-7-76, GMI à 15 ans) 2 711, H. Koneru 11 (31-3-87) 2 548, A. Kosteniouk 10 (23-4-84) 2 540, P. Cramling 15 (23-4-63) 2 520, Yuhua Xu 9 (1976) 2 517, M. Tchibourdanidze 12 (17-1-61) 2 504, A. Stefanova 17 (19-4-79) 2 502, T. Kosintseva 10 (1986) 2 489, Hoang Thanh Trang 9 (1980) 2 487, Chen Zhu 9 (1976) 2 483.

Meilleurs français (au 1-4-2006).   Joueurs É. Bacrot (22-1-83) 2 708, J. Lautier (12-4-73) 2 682, V. Tkatchiev (9-11-73) 2 643, C. Bauer (11-1-77) 2 638, L. Fressinet (1-11-81) 2 633, A. Sokolov (20-3-63) 2 628, J. Dorfman (1-5-53) 2 594, M. Vachier-Lagrave (1990) 2 576, A. Vaisser (5-3-49) 2 566, I.-A. Nataf (2-5-78) 2 558. Joueuses : M. Sebag (15-10-86) 2 434, A. Skriptchenko (17-2-76) 2 423, S. Collas (1974), 2 392, M. Leconte (1970) 2 345.

Automates.   Dissimulent des joueurs humains. 1769 le Turc construit par le baron Van Kempelen (Autrichien, † 1804), racheté par le musicien bavarois Johann Maelzel († 1838), détruit 1854 par un incendie. 1868 Ajeeb (Charles Hopper, G.-B.). 1878 « Mephisto » (Charles Gumpel, Alsacien).

Joueurs contre ordinateurs.   1957 1re partie disputée par ordinateur « Los Alamos Chess » sur échiquier à 36 cases sans les fous. 1965 USA, participation des 1res machines dans les petits opens. 1974 programme Kaïssa champion du monde des ordinateurs à Stockholm. 1978 MI David Levy (Écossais) bat 3,5 à 1,5 Chess 4,6 (en 1968 : il avait parié 1 250 £ qu’il battrait la meilleure machine 10 ans plus tard). 1985 programme Belle (USA) atteint environ 2 100 Elo (voir ci-dessus). 1986 Cray Blitz champion du monde des ordinateurs évalue 100 000 positions à la seconde. 1988 Deep Thought évaluant 750 000 positions/s (profondeur d’analyse minimum 5 coups, estimé 2 450 Elo), bat le GMI Bent Larsen. 1990 IBM finance les concepteurs de « Deep Thought » Kasparov ayant déclaré « aucun ordinateur ne me battra ». 1994 les meilleurs logiciels de jeu d’échecs (Fritz 3, Chess Genius 3…) peuvent battre 99,9 % des joueurs : Chess Genius sur un PC Pentium 90 bat Kasparov en partie rapide (tournoi PCA 1994). 1996 Deep Blue [2 m de haut, 700 kg, supercalculateur IBM (RISC System/6000 Scalable Power parallel Systems) dont chacun des 32 processeurs consacrés au calcul pur est connecté à une carte comprenant 8 processeurs dédiés aux échecs, soit au total 256 processeurs spécialisés fonctionnant en parallèle ; évalue 200 millions de positions par seconde, analyse exhaustive sur 7 coups] battu par Kasparov 4 à 2 (3 victoires, 2 nulles, 1 défaite) : performance 2 650 Elo. 1997 Kasparov perd un match en 6 parties 3,5 à 2,5 contre Deeper Blue. 2003 Kasparov fait match nul 3-3 contre Deep Junior et 2-2 contre X3D Fritz. 2005 Hydra bat Michael Adams 5-0 (performance à + de 3 100 elo).